En raison de l’inertie coupable du gouvernement, nos conservatoires se meurent !

Baisse puis suppression des crédits d’Etat consacrés à l’enseignement de la musique, du théâtre et de la danse, non-application de la loi sur la décentralisation du 13 aout 2004 permettant un meilleur financement et une réforme pédagogique nécessaire à ces établissements…les conservatoires vivent des heures sombres.

Pour Catherine MORIN-DESAILLY, Sénatrice de la Seine-Maritime, Présidente de la Commission de la Culture, de l’Education et de la Communication du Sénat et François de MAZIERES, Député-maire de Versailles : « Les directeurs et les enseignants, les élèves et leurs parents ont légitimement de quoi être très inquiets du devenir de l’enseignement artistique en France ».

Quand bien même, sous la pression des deux parlementaires qui ont tour à tour alerté sur les suppressions de crédits la ministre de la culture a décidé de faire machine arrière annonçant rétablir la ligne budgétaire, aucune proposition structurelle offrant de véritables perspectives n’a été formulée.

Le silence sur ce point du projet de loi relatif à la liberté de la création, à l’architecture et au patrimoine, pourtant annoncé comme étant un texte majeur du quinquennat de François HOLLANDE et présenté en Conseil des ministre le 8 juillet dernier, ne rassure en rien. Catherine MORIN-DESAILLY déplore un « oubli volontaire, pur et simple, de la question des conservatoires, alors même qu’il consacre le principe de liberté de création et entend créer un observatoire de la création artistique et de la diversité culturelle ».

Aussi, Catherine MORIN-DESAILLY et François de MAZIERES ont décidé de déposer ce jour simultanément, au Sénat et à l’Assemblée, une proposition de loi sur la décentralisation des enseignements artistiques reprenant largement et actualisant la proposition de loi déposée en 2009 par la Sénatrice de la Seine-Maritime, faisant suite à ses deux rapports successifs identifiant les blocages de la loi de 2004.

Les deux parlementaires proposent de revenir à des choses simples, sur la base des expérimentations régionales réussies menées en Poitou-Charentes et Nord-Pas de Calais, en prévoyant le transfert des crédits vers les régions, charge à elles de les reverser aux collectivités porteuse de conservatoires. « Il faut enfin définir clairement les responsabilités respectives de l’Etat et des collectivités territoriales en matière d’enseignements artistiques ».

Pour Catherine MORIN-DESAILLY et François de MAZIERES, le gouvernement, qui affirme que sa première ambition est la démocratisation culturelle, doit enfin de départir de l’idée selon laquelle les conservatoires seraient réservés à une élite : « Tout miser sur l’éducation artistique et culturelle à l’école est insuffisant. Si celle-ci doit sensibiliser aux arts et à la culture, elle ne peut en aucun cas dispenser d’une formation spécifique nécessaire à un approfondissement amateur ou professionnel des disciplines. »

La mission essentielle du ministère de la culture est de « rendre accessible au plus grand nombre les œuvres capitales de l’humanité et d’abord de la France » et de « contribuer au développement de l’éducation artistique et culturelle des enfants et des jeunes adultes tout au long de leurs cycles de formation », rappellent-ils de concert.

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